Les Doigts d'Or
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 Papa voulait qu'je sois soldat.

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MessageSujet: Papa voulait qu'je sois soldat.   Sam 12 Nov 2011 - 20:24

Oui parce que la peinture, tout le monde le sait, c'est réservé aux filles & aux mignons.
Mais Lubin, lui, il voulait être peintre. Gringalet presque blond de 18 ans, il avait les doigts fins de ceux qui ne connaissent que trop peu le travail du champ. Pourtant, son père était paysan. Ses frères étaient paysans. Sa mère était paysanne.
Mais lui, il ne voulait être ni paysan, ni soldat. Il voulait être peintre.

Après avoir résolument claqué la porte de ses parents, convaincu qu'il n'y retournerait plus, puisque tout le monde allait inévitablement reconnaître son incroyable & majestueux talent, c'est tout guilleret qu'il arriva dans l'antre de la peinture, dans le repaire des pinceaux, dans le palais des peintres, ci-nommé : Les Doigts d'Or.

Il se trimbala un moment, chargé comme un baudet, avant de trouver enfin, & complètement par hasard, la salle des recrutements.
Il s'installa, fit tomber un tabouret (bien heureusement vide) en s'excusant mille fois, s'assit timidement & se fit tomber le coin d'un de ses cadres sur l'orteil en poussant un juron.
Pas très dégourdi, en vérité.
Mais il était si heureux de se retrouver enfin là qu'il s'empressa de déballer quelques-unes de ses toiles, tentant d'observer les demoiselles qui semblaient très concentrées autour de lui.

Et alors là, là seulement, il s’aperçut qu'il y avait des commandes tests, & qu'il avait tout intérêt à commencer à peindre. Il sorti son artillerie, déposa une toile vierge sur un chevalet, & s'appliqua à peindre une des commandes bâteau.


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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Dim 13 Nov 2011 - 13:08

Il n'avait pas bougé de la nuit. Il peignait, peignait, peignait encore, à s'en user les doigts, les yeux, le cerveau, jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus, & qu'une nouvelle esquisse ait pris forme.
Et lorsqu'enfin il considéra que sa toile était finie, il s'endormit comme une masse, sur sa chaise, ronflant, l'instant d'après, à en faire trembler les murs.


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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Dim 13 Nov 2011 - 14:05

Ladyphoenix, qui voguait d'artiste en artiste dans la salle de recrutement, se tourna lorsqu'un nouveau candidat passa la porte. Une fois n'est pas coutume, il s'agissait d'un homme, enfin d'un jeune adulte. Sourire de la Miel, qui trouva cette idée fort séduisante, et pas uniquement l'idée, d'ailleurs.

Elle l'observa un moment, décidant de lui laisser le temps de s'installer tranquille avant de le rejoindre ; évoluer au milieu de femmes devait être bien assez déroutant pour lui, singeait-elle. Elle se mordit la lèvre pour ne pas rire gentiment devant son embarras lorsqu'il fit tomber un tabouret, et décida qu'il était grand temps de le rejoindre, quand l'embarras devint un juron marmonné à la chute d'un tableau sur son orteil : il valait mieux prévenir que guérir la prochaine catastrophe.

Parvenu auprès de lui, c'est fendue d'un large sourire avenant que la Miel s'adressa à lui, en lui tendant la main :


- Le bonjour à vous, jeune homme. Je me nomme Ladyphoenix, et c'est à moi qu'il revient d'examiner et de commenter avec vous les oeuvres que vous nous proposez. Puis-je ?

Elle se tourna vers les oeuvres exposées, en hochant la tête, attentive, méticuleuse.

- Rien à dire sur les trois premières, si ce n'est le cadre qui vient malheureusement couper vos dessins, je trouve ça dommage ; ouvrir le cadre permet de donner du relief à une toile. C'est quelque chose que nous retrouvons sur l'ensemble de vos toiles. Sur la quatrième, peut-être la police utilisée pour le nom manque de lisibilité, et ça aussi, c'est peut-être votre point faible, puisqu'il doit y en avoir un, et certainement ce que vous devez travailler en tout premier lieu. Vous avez énormément de talent, je vous félicite de cela, Sieur. Pour les deux commandes-tests pour la jeune des Juli, peut-être avez-vous donné une impression principale "sombre", qui ne correspond pas exactement à la consigne, qui parlait de froideur avant tout. Vos bannières sur Irma sont vraiment très agréables à regarder, mais je réitèrerai ma remarque sur les cadres, et celle sur la police.

Nouveau sourire chaleureux, et de reprendre :

En tous les cas, ces oeuvres témoignent d'un réel investissement personnel, et de beaucoup d'efforts. Vous êtes un peintre très prometteur. Pourriez-vous continuer un peu les commandes-test, en tenant compte de mes remarques ? En outre, avez-vous des questions, remarques ou précisions ?

Le lendemain, lorsque Lady revint dans la salle, le peintre n'avait pas bougé, il avait peint une bonne partie de la nuit, semblait-il, encore, toujours, seul, pour le coup. Elle s'approcha de lui, et posa la main sur son épaule, avec douceur, pour le réveiller avec une infinie douceur, comme ses ronflements menaceraient bientôt les fondations de l'atelier :

- Sieur... Le bonjour à vous. Avez-vous bien dormi ? Cette bannière-ci est parfaite, à mon sens. Quoique peut-être un peu chargée, au niveau des partitions, mais très honnêtement, elle répond à toutes les consignes. Reposez-vous un peu, voulez-vous ? Je vous fais apporter une collation.



[Edits multiples - cohérence.]
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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Dim 13 Nov 2011 - 14:35

Tout concentré qu'il était, il n'avait même pas remarqué qu'une dame rodait autour des postulants pour observer leurs toiles. Ce n'est que lorsqu'elle s'adressa à lui qu'il devint rouge comme une tomate, honteux d'avoir juré devant une dame, mais avant tout d'être, tout simplement, devant une dame.
Ah oui, notre jeune puceau ne connaissait que les jupons de sa rustre de mère & les beaux visages croisés dans la rue qu'il peignait dès qu'il était rentré chez lui.
Parler à une dame, c'était un défi.


- Je... Je... Je.. Bien sûr !

Une catastrophe. Il se liquéfiait sur sa chair tandis qu'elle observait ses toiles & les commentaient.
Le cadre par-ci, oui, il fallait donner du relief, soit, & là ? L'écriture, bien, d'accord, enregistré.
Du talent ? Du talent ?


- M.. M.. M.. Mer.. Merci..

Ou comment se foutre la honte en deux secondes chrono. Ah, c'était malin !
Il la regarda s'éloigner, sortit une nouvelle toile, & s'appliqua à peindre, tremblant.


[Le lendemain]

Mhm, qu'elle était belle. Il aurait voulu embrasser ses mains qui avaient l'air si douces, & poser ses lèvres sur sa joue rose, &...

- Gnark.. gné.. grml.. norf.. AAAAH !!!

Il venait d'ouvrir les yeux. La bouche pâteuse, des cernes sous les yeux, pas rasé, & surtout, Elle, Elle qui était devant lui & qui semblait sorti du rêve qu'il venait de quitter. Il se frotta les yeux, réprima un bâillement, rougit, & se leva vivement en manquant de faire à nouveau tomber un tabouret.

- Par.. Pardonnez-m.. moi, ma dame.. ma demoiselle.. euh.. Je.. Bien... me.. merci, ma.. Merci..

Il se tenait droit comme un i, visiblement mal à l'aise, les bras le long du corps. Ah, la jeunesse !
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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Dim 13 Nov 2011 - 15:21

Il était beau, il avait le charme qu'ont ces jeunes gens, timides, fougueux en dedans, mais si gênés à l'extérieur. Elle, qui avait dépassé ce stade et s'était mariée, même si son époux était si absent qu'elle avait pris la route désormais seule, lui sourit, attendrie, et se mordit la lèvre, comme, malgré lui, il la séduisait. Sa candeur, ses traits juste formés, ses mains frêles mais habiles, cette légère barbe qui seyait son visage, cette joue qu'elle aurait voulu recueillir au creux de ses paumes... Sa façon de bredouiller, son embarras adorable, et cette façon qu'il avait de bondir sur ses pieds pour cacher celui-ci achevèrent de la faire fondre, et celle que l'on surnommait "la Miel" dût prendre sur elle pour limiter son élan à une simple et furtive caresse du revers de la main sur sa joue , et pour maîtriser sa voix, qui fut encore plus doucereuse qu'habituellement :

- Allons, allons, reposez-vous, mon cher, reposez-vous. Vous avez le temps, jeune homme, vous avez le temps. Vous êtes doué.

Oui, elle se répétait, mais elle rosissait, troublée, incapable de détourner le regard du jeune peintre, qu'elle espérait pouvoir détendre, tout-de-même. Ne pas lui proposer de l'accompagner pour un repos mérité. Ne pas le lui proposer. Rester maîtresse d'elle-même, pour ne pas devenir la sienne. Mais Dieu, c'était tentant !
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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Dim 13 Nov 2011 - 16:58

Cesse donc de bredouiller, cesse donc de bredouiller, par dieu, suffit !
Il avait beau tenter de paraître à l'aise, il n'avait l'air que d'une pauvre petite chose apeurée par ces monstres si beaux, si doux, & si envoûtants que l'on nommait les femmes.
Ah oui, elle était belle, il le savait, il en avait observé tant des femmes, grandes petites, larges ou trop maigres, élégantes & rustres... Elles s'étaient toutes retrouvées au bout de son pinceau, sur une toile à la peinture de mauvaise qualité, cachées sous un meuble pour que son père ne les retrouve pas.
Ah oui, elle était belle, & sa peau était douce sur sa joue mal rasée, & il se retenait pour ne pas se mettre à ronronner comme un félin comblé.
Au lieu de ça, il rougit d'autant plus, bégayant comme un imbécile, n'osant la regarder dans les yeux. Mais que peut-on regarder chez elle, sans la regarder dans les yeux ? Son nez ? Sa bouche ? Cette gorge si blanche qui le faisait se sentir tout chose ?
Sa main ! Il allait regarder sa main, l'admirer, la contempler. Après tout, une main, ce n'était rien ! Une main, qui donnait vie à un pinceau, qui faisait voleter les froufrous de tissus chatoyants, ça n'avait rien qui puisse l'embarrasser.
C'était une simple main. Si douce, & si belle...


- Vous êtes belle.

Comme une réponse au compliment qu'elle lui a fait. Oui, elle est belle, & mon dieu lui, il a l'air idiot, un parfait imbécile qui se pâme devant une inconnue, sans doute riche, mariée, & aucunement intéressée par les jeunes peintres incultes.

- Excu.. Je ne voulais pas dire ça.. Enfin si, mais non.. Mais.. euh.. Enfin je veux dire, vous êtes be.. be.. belle, ça n'est pas le problème, mais je.. Enfin.. Excusez-moi, je n'aurai pas du.. Je suis vraiment désolé, je vais.. Je vais m'en aller, je ne voulais pas vous...

Il se dandina, il rougit, il se tritura les doigts, & il ferma les yeux en se pinçant les lèvres, espérant que ce n'était qu'un mauvais cauchemar & qu'il n'avait pas vraiment osé dire ce qu'il avait dit.
Et avant que le silence ne s'installe complètement, avant que son corps entier ne devienne aussi rouge que ses joues, & que la sueur aille jusqu'à coller les cheveux sur son front, sa main tâtonna derrière lui pour sortir d'entre l'amas de toile près du chevalet une nouvelle oeuvre.
Comment changer de sujet, leçon n°1 :


- Je.. euh.. ne suis pas totalement convain.. convaincu de mon tra.. travail, mais.. euh.. Enfin, voilà..

Spoiler:
 

Et le voilà qu'il se cachait derrière sa toile, maintenant.. Ah, il était beau, le prétendu peintre !

Edit pour orthographe & ajout d'un essai.
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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Mer 16 Nov 2011 - 20:54

Il était adorable de fébrilité, de fragilité... Son manque d'aisance, cette façon un peu gauche de se tenir, ce sourire figé, mal à l'aise, la manière dont il bredouillait devant elle, c'était... Flatteur, déjà, pour une Lady déçue des hommes, et qui se disait, à l'instant présent, que peut-être... Peut-être n'étaient-ils pas tous à mettre dans le même panier. Ou bien celui-ci était-il encore trop vert pour être aguerri à la traîtrise de son appendice masculin. Toujours est-il qu'il parvenait, elle ne savait comment, à la déstabiliser, la rendre moins sûre d'elle, et lui faire perdre de cette superbe qu'elle affichait généralement en public. Jamais hautaine, mais droite dans ses bottes, la Miel offrait toujours à la vue de tous une assurance certaine, habituellement.

Habituellement, oui. Mais pas là. Elle le regardait, ses noisettes pétillant de l'avidité de le scruter, de découvrir ce je-ne-sais-quoi qui le rendait particulièrement attirant. Elle rosit à son compliment, aussi lapidaire fut-il, touchée. Elle le regarda, tête légèrement penchée en avant pour l'encourager, bredouiller ce qui semblait être des excuses, médusée que gentillesse et amabilité puisse être considérées comme offensantes, atterrée de voir l'état dans lequel il était, légèrement paniquée à l'idée qu'il fallait rattraper cela. Mais déjà, il se... cachait ?! derrière sa toile ? Elle tiqua, relâchant un peu sa tête en arrière, confondue et stupéfaite par la scène qui se déroulait devant ses yeux. Le non-dit est décidément le plus compliqué dans toute relation, quelle qu'elle soit.

Elle se résolue à aller à sa rencontre derrière la fresque, un sourire à demi amusé - à demi encourageant sur les lèvres, et, sans hésiter plus que ça, posa sa main sur la sienne, et d'un mouvement, l'obligea avec douceur à entremêler ses doigts aux siens.

Douce, encourageante, elle s'adressa à lui d'une voix tout aussi engageante :


- Allons, allons, je ne vais pas vous manger !

Elle ajouta, dans un chuchotement glissé à son oreille :

- Jamais sans le consentement de la victime.

Puis éclata de rire, gentiment, et le mena, main toujours glissé dans la sienne pour le rassurer, face à sa toile:

- Alors, voyons cela... Hum, c'est une bien jolie réalisation, j'apprécie beaucoup votre coup de pinceau - sans jeu de mots aucun. La médaille est discrète, judicieusement disposée, le texte bien mis en avant par la police utilisée... Ce chat est très laid, mais c'est la race, pas votre art qui est ici en question. Il est aussi bien dessiné que pourrait l'être un tel animal, même s'il est très moche en vrai.

Elle lui sourit, en connivence, et poursuivit :

- J'aime ces petites empreintes de patte de chat, quoique deux auraient suffi, à mon avis. Ce genre de détails se devine, se glisse furtivement, aussi, point trop n'en faut. Vous avez choisi de transposer son côté anonyme par le fait que l'on ne voit pas ses yeux, c'est cela ?
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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Jeu 17 Nov 2011 - 13:56

Sa main sur la sienne fut le déclencheur d'une vague d'apaisement. Elle était chaude, sa main, comme celle de sa mère, quoi que beaucoup plus douce, & beaucoup plus fine. Elle était chaude & rassurante, tant qu'il resserra imperceptiblement sa main dans la sienne, sans même s'en apercevoir, par réflexe.
Elle était chaude, si chaude que cumulée aux mots de sa propriétaire, elle le fit s'empourprer de plus belle.
Un éclat de rire, qu'il ne sut d'ailleurs interprété si bien qu'il le fit rougir à nouveau, un changement de sujet pour le complimenter sur son coup de pinceau, une petite moquerie sur la laideur du chat, il semblait en vérité qu'elle ne savait comment l'approcher. Mais Lubin, dans son extrême candeur, innocence, naïveté, était tout simplement perdu par la façon qu'elle avait de s'adresser à lui.

Mais ses conseils, cependant, ne tombaient pas dans l'oreille d'un sourd. il avait bien compris qu'un de ses principaux défauts était de trop charger ses toiles de détails qu'on ne devrait que deviner.
Lâchant la main rassurante, il déposa la nouvelle toile à la place de l'autre, empoignant son couteau sur lequel il déposa une petite dose de peinture.
Fixant la toile, apparemment détendu par sa concentration, il entreprit de répondre à sa question tout en modifiant sa toile, comme s'il récitait une vieille leçon :


- C'est presque ça.. Les couleurs chaudes pour la douceur, le calme, la chaleur, l'aspect un peu passé de ces mêmes couleurs pour la tristesse, le passé, la mélancolie... Le nom voyage, bien que le fond rappelle la couleur de la terre... Elle voyage & elle est timide, & les personnes timides ne se gravent pas dans l'esprit des gens, parce qu'ils ne se montrent pas... Ce sont les yeux, qui nous montrent, qui nous dévoilent, parce que le regard ne peut pas tromper... Si nous baissons le regard, les autres ne peuvent pas savoir qui nous sommes, c'est une... sorte de rempart que même les armées les plus fortes auraient du mal à briser...

Il se tut, non pas parce qu'il avait eu l'impression de trop parler, mais pour la simple & bonne raison qu'il avait finit d'effacer une partie des empreintes de chat. Il se leva, invitant presque Ladyphoenix à s'asseoir avant de redevenir cramoisi. A y réfléchir, il avait peut-être bien un peu trop parlé.

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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Lun 21 Nov 2011 - 23:30

Cela faisait quelques jours qu'on ne l'avait pas vu rôder entre les murs de l'atelier. A vrai dire, il n'avait pas eu véritablement l'occasion de prendre le temps de peindre, car son père, qui avait bien compris que son fils ne serait jamais soldat, s'était décidé à lui interdire complètement l'accès à la maison.
Alors certes, Lubin avait claqué la porte en jurant qu'il ne reviendrait pas. Enfin, qu'il reviendrait juste chercher ses dernières affaires. Chose qu'il avait voulu faire traîner un peu, & dont il se devait bien de s'occuper maintenant que la dernière malle trônait devant la porte, hermétiquement close.
D'un soupir, il entreprit de la tirer jusqu'à l'auberge où il avait élu domicile. La tirer, parce qu'il n'avait pas de charrette, & pas un sou à dépenser pour ça. Alors il fallait bien tirer cette malle qui devait faire deux fois son poids.
A grands renforts de gémissements, de grognements, de hahanements & autres joyeusetés, notre pauvre peintre finit par hisser sa malle jusqu'à sa chambre, & s'effondra sur sa paillasse, dégoulinant de sueur.


[Couloirs des DO]

Après un bon rafraîchissement & une courte toilette, Lubin trouvait enfin le temps de se faire voir aux DO. Dans ses bras chargés, on pouvait distinguer quelques toiles peintes ou non, une boite abîmée semblant contenir toute son artillerie, ainsi que trois paquets fortement ficelés.
Peu confiant dans l'honnêteté des tenanciers de l'auberge où il logeait, il avait préféré récupérer tout ce qui avait un minimum de valeur à ses yeux, y compris trois robes qu'il avait cousu lorsqu'il avait pu chiper du tissu à sa mère. D'où les paquets ficelés.
Titubant sous le poids - peu - conséquent de son chargement, le gringalet aux joues rougies par le froid tentait, semblait-il, de retrouver la salle des recrutements. C'est que son sens de l'orientation était un brin déplorable, & qu'il dû déranger une demi-douzaine de couturières avant de retrouver enfin son chemin.

Bien heureusement pour lui, la porte ouverte lui permit d'entrer directement, sans manipulations aucunes. Fort de la prouesse - qui n'en était pas une - qu'il venait d'exécuter, il fonça sans réfléchir vers le coin où il avait plus ou moins élu domicile, n'imaginant pas un instant qu'un tabouret solitaire pouvait se trouver en plein milieu de son chemin.
Vous imaginez la suite.

C'est donc à quatre pattes que l'on retrouva un Lubin échevelé, jurant & s'excusant tout à la fois, rougissant à l'idée que la belle Ladyphoenix puisse le trouver ainsi, tentant vainement de ramasser les toiles & les trois paquets qui, déchirés, dévoilaient des bouts de tissus de mauvaises qualités.


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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Jeu 1 Déc 2011 - 23:39

Après sa chute mémorable, Lubin ne mit plus un pied à l'Atelier pendant quelques temps. Désespéré, il n'avait cessé de se répéter que si dame Ladyphoenix n'était pas venue, c'était uniquement parce qu'elle avait vu sa chute & avait préféré ne pas s'approcher d'un tel maladroit. Il en avait lâché, des larmes de rage, priant le Très-Haut pour qu'Il lui rende un peu d'habilité, maudissant sa mère de l'avoir fait si pataud.

Et puis il était revenu, parce qu'il voudrait montrer, encore, de quoi il était capable. Et puis parce que la si jolie fille de l'aubergiste lui avait forcé la main, aussi, pour qu'il présente les pièces qu'il avait confectionné... Les robes.

Couturier n'était pas sa vocation, non, lui, il voulait être peintre. Mais il s'était dit qu'après tout, il aimait bien coudre, aussi, même si ça abîmait ses si jolis doigts, & qu'il serait toujours bon d'avoir l'avis d'un expert quant à ce qu'il valait en couture.

C'est donc les yeux écarquillés & la bouche bée devant ce nouveau décor qu'il foula à nouveau le sol de ce lieu si magique, & qu'il retrouva, non sans peine une fois de plus, la salle des recrutements.

Et prenant bien garde à ne pas s'étaler une fois de plus au sol - qu'il aimait bien, certes, mais quand même ! - il déposa, avec précaution, les deux robes sur lesquelles il avait travaillé, accompagnée d'une fresque toute personnelle.

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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Jeu 1 Déc 2011 - 23:40

[hpr] Un ennui personnel important m'empêche de poster pour un certain temps, mais je ne vous oublie pas, promis.

D'avance, merci pour votre compréhension. [/hrp]
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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Jeu 1 Déc 2011 - 23:42

[Aucun problème, ça me laisse du temps pour m'occuper des autres commandes tests ! Merci de prévenir, en tout cas !]
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Jenah
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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Ven 2 Déc 2011 - 19:35

[HRP : Sur les bannières, des petits conseils en vrac tant que je suis par là :
- éviter de mettre plus de 2 écritures différentes sur la bannière ( ça peut pas mal saturer, ça dépend bien sûr des cas).
- attention pour placer les textes, je ne sais pas si c'était un critère de commande oû pas, mais en tout cas pour les commandes qu'on traite ici en général les gens veulent bien voir leur avatar.

Pour les bannières test, félicitations pour Robin, Arégonde et Clarrisse, des bannières peu souvent choisies qui sont là bien traitées au niveau du respect des demandes, de l'ambiance etc.

Une petite remarque encore : amusez vous avec vos fonds! Vous semblez maitriser certaines fonctions de votre logiciel, n'hésitez pas à tester! Smile
]

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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Ven 2 Déc 2011 - 22:49

[Merci pour ces conseils, je continue sur ma lancée...
Pour ce qui est du deuxième conseil, sur les textes, l'idée c'est donc de ne pas écrire sur l'avatar ? C'est bien ça ?
Merci beaucoup en tout cas !]
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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Mer 7 Déc 2011 - 19:01

Spoiler:
 
Et deux de plus !
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Jenah
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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Jeu 8 Déc 2011 - 18:29

[Oui c'est ça, en général on évite de trop écrire sur l'avatar, je ne dis pas qu'il ne faut jamais le faire, mais il faut être prudent, voila tout Smile ]

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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Sam 10 Déc 2011 - 14:49

La blonde avait vu le talent du jeune homme aussi une fois la décision prise, la galerie prête, elle se rendit en salle de recrutement où elle l'avait convoqué pour lui expliquer qu'il était pris.
Elle était donc dans la salle, attendant l'arrivée du jeune homme.

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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Sam 10 Déc 2011 - 17:17

Il dormait.
Il dormait comme un loir, lorsque la missive était arrivée.
Il dormait si bien que même les trois coups à la porte du gras aubergiste qui lui servait d'hôte n'avaient pas réussi à le réveiller, & ce n'est que lorsqu'il sentit le souffle lourd d'alcool de l'homme qu'il se réveilla en hurlant.
C'est qu'il faisait peur, le bougre.


- On est v'nu porter ça pour toi, p'tit !
- De.. De.. Quoi ? Je.. Euh.. merci..


Sous les yeux curieux de l'aubergiste, il ouvrit fébrilement le pli au cachet des DO & lâcha un cri en se relevant vivement, bousculant le pauvre homme.

- Convoqué ! J'suis convoqué ! Ils vont... Mais pourquoi j'suis convoqué, hein ?

Il enfilait sa chemise tout en déversant un flot de parole sous l'oeil hagard de l'homme qui finit par glisser que le messager était venu il y avait plus d'une heure.

- Une heure ? UNE HEURE ? Mais vous avez fichu quoi pendant une heure ?
- Ah, ça ronfle, ça ronfle, mais ça dit pas merci, hein !


Lubin le fixa un instant, incrédule, & sans plus de cérémonie, attrapa son bliaut & détala comme un lapin.

[Salle des recrutements, atelier des DO]

La porte s'ouvrit à la volée sur un Lubin haletant & débraillé. Il s'étala à moitié devant la dame qui l'attendait, se redressa en bredouillant & tenta vainement de redresser ses frusques.

- 'Jou... 'jour... Je... C'est vous qui m'avez fait appeler ? Enfin... Vous m'avez demandé ? Euh...

Pas sa faute si elles sont toutes aussi belles & désarmantes, ici !
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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Dim 11 Déc 2011 - 16:10

Le jeune homme entra, elle voyait les autres comme des enfants alors qu'elle en était encore une elle aussi. Mais ça pas question de l'admettre, ah non jamais. Elle le regarda de bas en haut, l'entrée en matière n'était pas des plus heureuse mais elle avait le temps de lui expliquer les choses. Les Doigts d'Or accueil la noblesse de France et d'ailleurs, sans parler des riches aztèques ou nippons. Elle croisa les bras sur sa poitrine et fixa le jeune homme. S'il espérait avoir un sourire de sa part il pourrait attendre longtemps, la blonde ne sourit pas.

Et bien qu'elle arrivée. Je me présente Elisabeth Stilton de Lasteyrie, Intendante de l'atelier pour la partie peinture.
Je pense que nous allons devoir parler longuement de vos entrées en matière, un artiste tout aussi débutant soit il, se doit d'avoir une allure irréprochable quand il est face à la clientèle.
Bien.


Elle lui tendit un jeu de clé.

Je vais vous montrer à quoi elles servent toutes. Le première est celle qui permet d'aller à la salle de travail (hrp : salon privé). La seconde c'est votre galerie. Vous pouvez avoir une chambre si vous le voulez. Ensuite et bien, il suffit d'aller travailler.

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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   Dim 11 Déc 2011 - 16:48

Elle le regardait, l'air sévère, impassible, ses magnifiques yeux le transperçant, le jaugeant, & lui, pauvre timide, il se sentait de plus en plus mal à l'aise. Les joues rouges, il tentait encore de reprendre son souffle après sa course jusqu'à l'atelier, s'inclinant maladroitement à sa présentation, essayant vainement de paraître à l'aise.
Vainement, oui.

Lorsqu'elle fit la remarque sur ses "entrées en matière", il s'empourpra de plus belle, bredouillant un "désolé" inaudible. S'il tentait de prendre soin de son apparence, il n'en restait pas moins que sa maladresse légendaire lui donnait du fil à retordre, & détruisait tous ses efforts de bonne conduite.

Tout à ses réflexions, ce n'est que les clés tintèrent qu'il comprit.
Qu'il écarquilla les yeux.
Et qu'il se retint de lâcher un cri de victoire.


- Alors je suis pris ? Je suis vraiment pris ? Pour de vrai de vrai ?

Il se mordit la lèvre, un large sourire aux lèvres, prenant les clés entre ses mains comme s'il s'agissait d'un joyau d'une valeur inestimable.

- Merci.. Merci infiniment.. Merci.. J'y vais maintenant ? Ou vous me faites visiter ? Ou je m'en vais, peut-être ? Ou vous voulez que je reste ? Ou..

Ah Lubin, tu parles trop, encore, tu bredouilles, tu t'empêtres.
Mais il la fixait, des étoiles dans les yeux, surexcité. On ne lui enlèvera pas ce moment de bonheur, ça non !
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MessageSujet: Re: Papa voulait qu'je sois soldat.   

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Papa voulait qu'je sois soldat.
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