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| Sujet: [RP] Les pigeons qui portent de noires nouvelles sont des corbeaux ? Jeu 26 Juil 2012 - 9:45 | |
| Une missive vint de Paris jusqu'en Bourgogne, jusqu'à l'Atelier des Doigts d'Or en provenance de celui de Douceurs, Toiles et Coutures, car l'on peut refuser faire partie d'une guilde, d'un ensemble, on en est pas moins partie prenante puisqu'amie, et qu'il est dur pour une amie d'annoncer à une autre amie que l'on a perdu quelqu'un de cher. C'est à cela que sert le pigeon, à se dissimuler derrière un tas de plumes, sacrément amoché le tas de plume du reste, quelque rencontre malaisée avec un rapace, mais ça l'histoire ne le dit pas, et les pigeons ne parlent pas.Au verso de la missive d'une écriture tachée et forcée, une écriture de celle qui n'a jamais aimé prendre la plume et qui trouve bien du confort à avoir un secrétaire lettré, quelques mots esquissés à la hâte. "Je crois bien que tu es la dernière à avoir des macarons si j'en crois les registres.. Chanceuse." Point de tristesse excessive dans cette lettre, on aurait pu croire que les morts successives qui avaient pavé la vie de la jeune noble l'avaient bien entraîné à ne point montrer de sentiments, mais non, la vérité est ailleurs mais qui peut le savoir.
Pas le pigeon en tout cas. |
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Attia. Alter Ego de Dieu sur terre
Messages : 4864 Date d'inscription : 28/07/2009
| Sujet: Re: [RP] Les pigeons qui portent de noires nouvelles sont des corbeaux ? Ven 27 Juil 2012 - 22:02 | |
| Attia des Juli n'aimait pas les corbeaux. Quand elle les entendit ce matin la dans le petit espace derrière sa maison ou elle faisait pousser quelques légumes, elle aurait du savoir que sa journée serait marquée de mauvaises nouvelles.
Ich... ichhh les avait elle chassés.
Elle était arrivée ce jour la à l'atelier l'humeur morose, n'avais parlé a personne, installé sa fille et margot dans un coin, pour aller travailler dans l'autre à la robe qu'elle n'arrivait décidemment pas à finir.
Le pigeon l'avait trouvée. Braves bêtes, laides mais utiles. Le message avait été détaché avec empressement. La lecture en fut rapide, la chute douloureuse. Le séant avait trouvé le siège de justesse.
Ella n'était plus. La Durée n'était plus. Les macarons n'étaient plus. Tout avait brulé.
C'était trop. Trop de nouvelles à assimiler à la fois. Trop d'images à l'esprit. Le regard bienveillant de la dame de violet vêtue. Celle à qui elle avait promis de présenter sa fille. Elle qui se préparait à partir, soulagée et fière de laisser en héritage au monde et à son fils une véritable richesse. Tout cet avenir parti en fumée. Ernest, Eilinn, Ella... C'est drôle pensa t'elle, ils portaient tous trois des prénoms en E... Futile pensée dans laquelle l'esprit s'évade pour ne pas se laisser aller à la tristesse.
Pourtant le flot est instopable, qui déjà inonde le coeur, déborde au yeux, s'exprime d'un hoquet. L'envers de la missive est lu. Chanceuse... vraiment ?
Combien de temps dureraient les boites qu'elle avait achetées ? Par péché de gourmandise, excès de plaisir, plaisir qui ne sera plus qu'un hommage.
Attention! dira t'on aux clients VIP. Ce sont les derniers macarons Durée de la création que l'on vous offre. A chaque macaron rescapé de la tragédie, l'on savourera le gout tragique, doux-amer dans l'acide cynique de la vie. Un peu d'Ella qui s'en va, sans jamais plus revenir... car si La des Juli savait son amie proche du trépas, elle se consolait dans la pensée qu'elle survivrait dans chaque macaron qui porterait l'estampe Durée...
Mais Ella n’était plus, la Durée n’était plus et plus jamais le macaron ne serait ...
La lettre est abandonnée et le regard fuit dans l'espace de ciel visible depuis la petite chambre de travail.
Plus tard seulement , la réponse fut rédigée.
- Citation :
- A Yolanda...
La perte est tragique, la douleur grande. J'aimais Ella, J'aimais les macarons. Il m'en reste, mais chaque Macaron mangé sera un peu d'Ella qui s'en va encore... C'est triste. Je suis triste.
Recevez mes condoléances. Je viendrais à Paris pour les hommages. Peut être nous y verrons nous si vous y êtes.
Une boite de féeriques, la dernière... pour vous.
ADJ. La missive est à l'image de celle qui l'écrit, troublée et légèrement décousue. Ce n'est pas un pigeon qu'elle renvoie, ce n'est pas un corbeau... C'est un coursier a qui la précieuse boîte, puisque désormais unique , est confiée. Le cadeau pouvait apparaître comme décalé, mais la Josselinière saurait qu'il n'y avait aucune intention de blesser dans le geste. La douleur comme les macarons... se partagent.
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